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Le Bon du Bien
13ᵉ Guerre Sainte

La Guerre Sainte des Neuf Jours

Compagnie anéantie · Cité tenue

Neuf jours entre la paix jurée et la fosse commune : des statues dressées chez toutes les nations, un champion tombé dans l'arène, une guerre sainte déclarée, et l'Empire de Qin au bout. La chronique des neuf jours où le Bon du Bien a perdu une compagnie entière et n'en a ramené que deux têtes.

Chapitre I

Le Concile des Nations

Il faut dire d'abord comment se tenaient les journées d'Immaculem, car c'est par là que tout commence. Chaque matin, la cité sonnait le rassemblement et le plan du jour était dit devant tous. Chaque soir, elle se rassemblait de nouveau, et l'on remettait les titres, les grades et les félicitations à ceux qui les avaient mérités.

Une maison qui ouvre et ferme ses jours par une cérémonie ne dérive pas. C'était la règle du Bon du Bien, et elle a tenu jusqu'au dernier jour, y compris quand il ne restait presque plus personne pour l'entendre.

Les trois premiers jours ont été des jours de parole. Les Templiers déposaient leurs armes au seuil et allaient frapper aux portes voisines, une à une, comme on va saluer des gens dont on ignore encore s'ils deviendront des frères.

Au troisième jour, Immaculem a convoqué une grande réunion diplomatique. On y a vu l'Œil Pâle et ses gardiens d'arbre, Arthéon la cité-État, Port-Libertia et ses quais, la Guilde des Ménestrels, les Doppelgänger, Valkaria, la petite Aurora, et l'Empire de Qin.

On y a parlé d'amitié toute la soirée, et c'était sincère. .

Arthéon est parti avant la fin des discours, et l'Œil Pâle l'a remarqué. L'Empire de Qin, lui, n'est pas parti : il a parlé longuement de l'unité des nations et de leur fusion sous une seule main. Il l'a dit si haut que personne, ce soir-là, n'a compris qu'il faudrait s'en souvenir.

Le Bon du Bien est sorti de cette salle avec une liste d'alliés.

Il en est sorti aussi avec une liste de menaces. Elle était plus longue.

Chapitre II

Les Statues

Au quatrième jour, l'Ordre s'est mis en marche vers Aurora.

Aurora n'était rien : une poignée de maisons à cinquante pas de la fin des champs d'Immaculem, un enclos, deux greniers, des gens qui n'avaient jamais rien demandé à personne. On leur a proposé au matin d'entrer dans la cité.

Ce n'était pas tout à fait une proposition. C'était un poids posé sur la table, et Aurora a refusé de le porter.

Les Templiers sont repartis. Aurora les a regardés partir, et ne les a plus quittés des yeux.

Le même jour, des hommes du Bon du Bien se sont égaillés sur toutes les routes, les sacs pleins de pierre, et ils ont dressé une statue chez chaque nation venue au concile.

On leur a dit que c'était le symbole de l'alliance, et c'en était un. .

Le soir venu, l'Œil Pâle est monté à Immaculem, remonté : la statue avait été posée face à leur arbre sacré.

On leur a répondu qu'ils avaient le droit de la détruire. Ils n'en revenaient pas : on ne leur avait jamais rien accordé si vite. Et dans leur soulagement, ils ont trop parlé. Ils ont dit leur rancune contre Arthéon, parti du concile avant la fin des discours.

Ces paroles ont été portées à Arthéon le soir même. Et Arthéon devait une dette au Bon du Bien.

Une pierre chez chacun, une dette chez l'un, une rancune chez l'autre. On appelait cela la paix.

Chapitre III

L'Arène de Port-Libertia

Port-Libertia avait fait annoncer un tournoi. On disait de la cité franche qu'elle aimait les fêtes, et que ses quais sentaient le sel et le vin plus que le sang.

Au cinquième jour, le Grand Maître et le Cellérier s'y sont rendus pour y inscrire le champion de l'Ordre. Il portait les couleurs du Bon du Bien. Il avait juré, la veille, qu'il ne les ferait pas rougir.

Ce que Port-Libertia appelait un jeu, la Lumière le nomme autrement.

Le champion est entré dans l'arène. Il n'en est pas ressorti. On a rendu son corps aux Templiers , et l'on a rouvert les grilles pour la joute suivante.

Aucun des Templiers n'a crié. Ils sont restés debout sur les gradins, casque au bras, à regarder le sable boire ce qui leur appartenait.

Le liseré rouge du blason est le sang des martyrs. Ce soir-là, il a porté une goutte de plus.

Chapitre IV

Le Contrat

Il y a des choses qu'un ordre saint ne fait pas de ses propres mains. Le Clergé nomme cela prudence. Le Bureau le nomme autrement, puis raye le mot.

On a d'abord fait venir les Doppelgänger, rencontrés au troisième jour. Ils ont écouté, calculé, et donné leur prix. Il était trop haut. On les a remerciés.

Les Arachnides, eux, ont dit oui. Le contrat tenait en trois lignes : entrer chez Aurora, , et repartir sans rien dire.

Aurora, ruinée et terrifiée, viendrait alors demander protection à Immaculem, et l'Ordre n'aurait pas eu à lever une lame. Il fallait seulement qu'Aurora .

Le même soir, un agent est revenu des marges avec une nouvelle qu'il n'osait pas dire tout haut. Sous la terre, quelque part, il existait un laboratoire. Des salles que nul plan ne mentionne. Des couloirs qui se répètent sans fin.

La Lumière n'a pas de cave, prêchait-on à Immaculem. Nul n'avait encore compté celles du Bon du Bien.

Chapitre V

La Rupture du Concile

Le concile de ce soir-là s'est ouvert sans le Bon du Bien. Ses envoyés y sont entrés en retard, encore couverts de la poussière de Port-Libertia, et ils n'étaient pas venus pour écouter.

Deux affaires occupaient la salle. La première : un criminel hébergé par l'Œil Pâle, que l'Œil Pâle refusait de livrer et se vantait de protéger. La seconde : l'Empire de Qin, qui répétait devant toutes les nations son intention de les fondre en une seule.

Les autres se taisaient. Le Grand Maître a pris la parole.

Il a nommé l'Œil Pâle une nation criminelle, car celui qui cache un crime le partage. Il a demandé à l'Empire de quel droit un empire décide de l'unité du monde, et avec quel sang il comptait la payer. Il a posé sur la table la mort du champion, rendue sans un mot. Puis il a parlé du laboratoire, et la salle s'est tue d'un coup.

Il est sorti avant qu'on lui réponde.

Derrière lui, le concile n'était plus qu'un bruit. Mais plusieurs nations, ce soir-là, ont compris qu'Immaculem disait tout haut ce qu'elles pensaient tout bas, et qu'on pouvait compter sur elle.

La même nuit, à Immaculem, on a célébré le champion tombé. La cité entière s'est rangée le long de la nef, et l'on a dit son nom à voix haute, une fois, pour qu'il ne se perde pas.

Chapitre VI

Le Serpent sous la Table

Le sixième jour a commencé comme les autres, par la cérémonie du matin et le plan du jour. Il n'a ressemblé à aucun autre.

Port-Libertia est venu d'abord. On leur a redemandé réparation pour le champion ; ils ont répondu qu'ils ne s'excuseraient pas de la mort d'un homme entré librement dans leur arène. Ils sont repartis avec une flèche dans le dos, partie d'un toit, tirée par une main que nul ne connaissait encore.

Puis est venu le serpent.

Un homme s'est présenté aux portes, souriant, plein d'offres et de bonnes intentions. Il venait de l'Empire de Qin. Il voulait la confiance des Templiers, et il la voulait vite.

Il a été remis à l'. Ce qui s'est dit dans cette salle n'a pas été consigné ; ce qui en est sorti tenait en une phrase : il existe un tunnel secret sous la base de l'Empire.

L'un des Templiers l'a suivi jusqu'à l'entrée et il est revenu le confirmer. Dans le même temps, on a fait porter un message au maître de Qin par une nation tierce, pour lui demander si cet homme était bien à lui.

L'Empire a répondu que oui.

Ainsi Qin envoyait des hommes gagner la confiance d'Immaculem, et reconnaissait sans rougir les avoir envoyés. Il ne restait plus qu'à savoir ce qu'il enverrait ensuite.

Chapitre VII

La Messe des Épées

Ce soir-là, Immaculem a dit la messe. Arthéon était venu, et Valkaria, rallié le matin même pour deux chevaux et une parole ; la nef était pleine, les cierges allumés, les bannières du Triangle pendues aux piliers.

On y a rendu grâce, car la Lumière avait comblé la cité. On y a fait mémoire, car le sang d'un juste avait été versé. On y a fait avertissement, car les ombres avaient parlé.

Le prêche a dit ce qu'il fallait dire. Que la véritable richesse ne se compte pas en greniers pleins. Que rien ne bouge dans le noir sans laisser d'écho. Que certains organisent des combats à mort et appellent cela des jeux ; que d'autres crient leur volonté d'expansion sur les toits ; que d'autres hébergent des criminels ; et que sous la terre s'ouvrent des salles que nul plan ne mentionne.

Puis l'appel à la guerre sainte a été lancé, et la nef a répondu d'une seule voix.

Un homme, dans l'assemblée, n'a pas répondu.

Il a attendu la fin de l'office pour frapper, et le coup a manqué. Dans la confusion, l'espion de l'Empire, que l'Ordre tenait encore, ; l'assassin, lui, a été poursuivi jusqu'au parvis et abattu sur les marches de l'église, devant toute l'assemblée.

On a fouillé ses affaires. On y a trouvé un papier de Qin adressé à l'Œil Pâle : qu'ils se tiennent prêts à la guerre.

La nuit s'est passée en découvertes. Le Consulat rassemblait une grande coalition. Et tandis que le conseil se tenait en haut de la tour, une flèche est venue s'y planter, un mot noué à la hampe.

Elle venait d'Aurora. Aurora était persuadée que le Bon du Bien avait payé les mercenaires.

Ce que les Arachnides ont fait de leur contrat, la chronique le disait.

Il n'en reste plus que .

Chapitre VIII

L'Aube d'Aurora

Le septième jour, la guerre sainte a commencé par le plus faible.

Aurora comptait une poignée de maisons, un enclos, deux greniers. Ils avaient su, la veille, que les Templiers viendraient. Ils n'avaient pas eu le temps d'apprendre à se défendre.

Le massacre a été rapide. , et l'on ne s'est pas attardé : la journée serait longue.

Au retour, un espion a rejoint la colonne sur la route : la Coalition s'assemblait chez les Doppelgänger et marcherait sur Immaculem avant la nuit.

Il y avait aussi, parmi les ralliés de la veille, un homme qui avait beaucoup promis et rien tenu. On ne pouvait plus le renvoyer, on ne pouvait plus le croire. .

Chapitre IX

La Coalition

Arthéon est arrivé peu après, ses hommes en armes, et s'est rangé sous les bannières du Bon du Bien.

Un discours a été prononcé depuis l'estrade d'Immaculem. Un autre a été dit dehors, plus court et plus dur, pour ceux qui allaient marcher. Puis la colonne est partie à la rencontre de la Coalition.

Le choc a eu lieu à découvert. On y a fait un prisonnier.

Il a été jugé sur place et devant les deux armées.

Alors la parole a été reprise, et la colonne s'est remise en marche. Cette fois vers l'Empire de Qin.

Il n'y a pas eu de plan. Pas de reconnaissance, pas de flanc, pas d'ordre de repli. Il y a eu des hommes de foi qui couraient vers des murs qu'ils n'avaient jamais vus.

Un mercenaire rallié la veille en a abattu cinq avant de tomber. Le Maréchal de l'Ordre est tombé peu après lui, l'épée encore levée.

L'assaut s'est brisé. Ce que l'Ordre a ramené de l'Empire, ce jour-là, tenait en deux hommes : deux otages, pris dans la retraite.

On a décidé de les conduire à Immaculem et de s'en servir pour acheter la paix.

Les deux ont fini dans les geôles d'Immaculem, avec un troisième pris le même soir.

C'est cette nuit-là que le Bon du Bien a compris deux choses. Arthéon voulait la paix. Et la Coalition, elle, n'était en guerre que contre lui.

Chapitre X

Les Faux Frères

Le huitième jour, le Bon du Bien est resté à Arthéon, prêt à signer. Un légat y a passé la journée entière à comprendre leur position et à leur tendre la main.

À Immaculem, un allié a ramené un prisonnier de plus. Et dans les geôles, l'un des deux otages est parvenu à s'évader.

L'autre est resté. Quand on est venu lui demander qui avait ouvert la porte, il a refusé de le livrer et il a pris la défense de l'homme qui l'avait fait. Il a été .

On a cru ce jour perdu pour rien. C'était le pire des neuf.

Car pendant que le Bon du Bien tendait la main à Arthéon, d'autres marchaient sur les routes sous ses couleurs.

Des hommes de l'Empire de Qin et des Doppelgänger, portant ses bannières, sont entrés chez la Guilde des Ménestrels et . Puis ils sont allés par le monde , en prenant grand soin qu'on voie bien le Triangle sur leur dos.

Quand la nouvelle est revenue à Immaculem, il n'y avait plus rien à démentir. Le monde avait vu les bannières du Triangle. Le monde avait vu ce qu'elles avaient fait.

Le Bon du Bien avait voulu frapper sans qu'on sache d'où venait le coup. L'Empire, lui, avait frappé en signant du nom d'un autre. Qin ne cherchait pas seulement à le battre : il le voulait haï pour ce qu'il n'avait pas commis.

Chapitre XI

Le Procès de Qin

Le neuvième jour, ce qu'il restait du Bon du Bien est rentré à Immaculem.

On a fait le point. Arthéon voulait la paix et ne marcherait plus. Le Consulat tenait la Coalition. Les Ménestrels croyaient le Bon du Bien incendiaire. L'Ordre était seul.

Dans la matinée encore, sur la route, on a croisé des hommes qui portaient ses couleurs sans être des siens.

On a décidé malgré tout d'aller dresser une statue chez l'Œil Pâle, pour ce qui s'était passé la veille : une pierre plutôt qu'une lame. C'est à ce moment qu'un envoyé d'Arthéon est venu proposer au Grand Maître de se rendre chez l'Empire de Qin, pour un procès.

Un procès. Devant Arthéon. Voilà ce qui a été promis.

La stratégie a été arrêtée avant le départ : si le jugement se tenait chez Arthéon et se soldait par une condamnation à mort, les hommes de l'Ordre forceraient la salle et personne n'en sortirait.

On a laissé le Grand Maître entrer chez l'Empire avec ses armes. Cela aurait dû l'avertir.

Dans la prison, il a retrouvé l'un des siens, pris plus tôt. Il a demandé aux geôliers où était passé l'homme que Qin avait rallié au Bon du Bien et qui n'en était jamais revenu. Personne n'a répondu. Et sur une table, posée là comme un meuble, il y avait la tête d'un frère.

Puis on a annoncé que le procès ne se tiendrait pas chez Arthéon.

Il se tiendrait chez Qin. Dans les murs de Qin. Jugé par Qin.

Le Grand Maître a répondu tout de même, et ce qu'il a dit est consigné ici tel qu'il l'a dit.

Que l'Empire avait employé une journée entière à envoyer des espions, puis des assassins, et qu'il les avait reconnus pour siens quand on le lui avait demandé.

Que l'otage n'était pas mort d'un caprice, mais pour avoir couvert celui qui lui avait ouvert la porte.

Et que jamais le Bon du Bien n'avait reproché à une nation d'abattre sa statue, ni voulu la guerre à l'Œil Pâle : ce sont les Doppelgänger qui l'ont cru, puis qui l'ont fait croire.

On l'a écouté poliment. Le procès a duré longtemps. Il était déjà rendu.

Chapitre XII

La Dernière Danse

Pendant que la salle parlait, la montagne travaillait.

De l'autre côté du relief, un légat et un frère d'armes avaient rallié quelques hommes d'Arthéon, contourné la montagne et commencé à creuser vers les caves de l'Empire. Il fallait du silence. Ils avaient avec eux un homme qui aimait le bruit.

Les coups de pioche se sont entendus. Tout a raté en même temps.

On a monté le Grand Maître tout en haut de la tour, dans une cellule neuve, avec le frère qu'il y avait retrouvé. Deux hommes sont venus les y abattre.

Il a eu le temps d'endosser son armure. La porte a cédé, les étages ont défilé, le grand air était là. Il a couru. On l'a rattrapé. Et il est tombé .

Puis ils sont tombés tous, l'un après l'autre, et voici comme.

Le légat, dans le tunnel qu'il avait creusé, sous la montagne, sans avoir revu le jour.

Le frère de la cellule, achevé par la main qui était montée pour cela.

Un Templier sur les toits de l'Empire, après en avoir tiré un homme d'Arthéon qui n'était même pas des siens.

Deux frères qui avaient repris la route d'Immaculem pour la défendre, et qui sont morts devant ses murs, à l'endroit exact où on leur avait dit de tenir.

Un homme a échappé à la poursuite. Recueilli par le culte de Skull, caché, soigné, puis rendu à la route. Il est rentré à Immaculem, et il y est rentré pour la vengeance.

La compagnie du Bon du Bien avait cessé d'exister.

Chapitre XIII

Les Tombes d'Immaculem

Il restait deux choses à faire, et deux hommes pour les faire.

Le premier a retrouvé la tête du frère mort dans la cellule, il l'a rapportée jusqu'à Immaculem et il lui a creusé une tombe de ses mains. Il a parlé longtemps au-dessus. Il a dit que c'était un homme bien, et il l'a dit assez fort pour que l'entendent.

Le second a retrouvé la tête du Grand Maître et l'a posée à côté de la première, pour qu'ils ne soient pas séparés. Puis il est reparti briser la tombe que la Coalition élevait à ses propres morts, et il y a laissé la vie.

C'était le dernier acte de la guerre sainte, et c'était un acte de fidélité.

Neuf jours plus tôt, Immaculem ouvrait ses journées par une cérémonie et les fermait par une autre, et l'on y remettait des titres, des grades et des félicitations. Le neuvième soir, il n'y avait plus de titres à remettre.

Le Bon du Bien avait dressé des pierres chez toutes les nations, pour y marquer sa foi. Il en dressait deux chez lui, pour y coucher ses morts.

Il ne restait que cela, et une cité debout. Car Immaculem a tenu : les murs n'ont pas été pris, les greniers n'ont pas brûlé, et le Triangle n'a pas été descendu.

Et il restait des amis au Bon du Bien. Des nations qui avaient vu clair et qui n'ont pas cru les bannières volées. L'un d'eux, celui-là même qui l'avait renseigné sur Aurora au troisième jour et qui avait marché à ses côtés, est venu se recueillir sur les deux tombes ; puis il est allé briser celle que l'ennemi avait dressée à son otage, parce que c'est ainsi qu'on parle aux morts quand il ne reste plus rien d'autre.

Les ténèbres, cette fois, étaient plus nombreuses. Elles étaient aussi plus patientes, mieux tenues et mieux liées. Le Bon du Bien l'a appris trop tard, et ses frères l'ont payé.

Que l'on grave donc ceci, et qu'on le relise chaque année : le Bon du Bien est grand, Immaculem est éternel.

« Pacem, Felicitatem, Singularitatem »

Ad Victoriam.